Parc Lesse et Lomme

Dernière mise à jour : 3 novembre 2016

Commune: Rochefort et Tellin
Superficie totale: 1263ha 67a 40ca
Propriétaire: communes de Rochefort (919 ha 12 a 76 ca) et Tellin (344 ha 54 a 64 ca)
Date de création: 1954 (fin du bail en 2014 sont alors devenues RND)
Zone de protection spéciale
Réserve biogénétique européenne

Les réserves naturelles de Lesse et Lomme forment un ensemble prestigieux, connu sous le nom de « Parc de Lesse et Lomme ». Le bail liant les communes de Rochefort et Tellin d’une part, et ARDENNE ET GAUME, d’autre part, étant venu à expiration en 1994 et a été reconduite jusqu’en 2014 (bail de 29 ans).

En 2014, la plupart des pelouses calcaires de Lesse et Lhomme, qui exigent une gestion astreignante et coûteuse, sont devenues des réserves naturelles domaniales, toutefois, notre association collabore activement pour certaines d’entre elles comme par exemple le Tienne St-Inal et une pelouse en restauration à proximité de l’ancienne carrière de So Hère à Han-Sur-Lesse.

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Vue d’une des réserves du Parc Lesse et L’Homme à Han-Sur-Lesse (So Hère) – 4 avril 2015 – photo©J-L Renneson

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Vue du même site : So Hère le 31 octobre 2016 – Photo: J-L Renneson©2016

La faune entomologique n’ a semble-t-il par encore été étudiée sur ce site, une visite le 31 octobre 2016 a néanmoins permis d’y découvrir une espèce de fourmi très intéressante : Camponotus ligniperdus (J-L Renneson 2016)

Le parc se trouve en Calestienne, sur les terrains du Dévonien (calcaires et schistes du Couvinien, Givétien, Frasnien) qui forment deux anticlinaux:

  • l’anticlinal d’Ave-et-Auffe ou anticlinal de Wavreille que le ry d’Ave et la Lesse traversent en cluse (le noyau de l’anticlinal est bien visible le long de la route de Han-sur-Lesse à Auffe)
  • l’anticlinal de Sainte-Odile (dont le noyau est dégagé au tienne del Roche).

De nombreux phénomènes karstiques spectaculaires affectent les massifs rocheux:

  • la Lesse se précipite dans le gouffre de Belvaux et disparaît sous terre pour resurgir à Han;
  • de la Lomme se détache un bras dont le cours est souterrain;
  • les grottes, cavernes, chantoires, aiguigeois, dolines, vallées sèches, sources vauclusiennes fourmillent.

D’anciens méandres abandonnés par la Lesse dessinent des boucles majestueuses dans le paysage et les anciennes terrasses de la rivière forment de larges gradins. Des biothermes (massifs coralliens fossiles) subsistent dans de petites collines isolées souvent colonisées par une flore et une faune remarquables. Les vestiges préhistoriques abondent dans les nombreuses cavités et abris sous roche qui truffent la région.

Les forêts qui couvrent les versants et les plateaux sont magnifiques: hêtraie à céphalanthère, hêtraie à aspérule, érablières de ravin, chênaies à charme thermophiles, chênaie pubescente, frênaie-ormaie alluviale à orme lisse… Les bois resplendissent au printemps de la floraison des jonquilles. Les lisières, les ourlets et les pelouses enclavées sont également dignes d’intérêt et leur flore particulièrement riche. La laîche humble (Carex humilis), le géranium sanguin (Geranium sanguineum), le rosier pimprenelle (Rosa pimpinellifolia), la serratule des teinturiers (Serratula tinctoria), la phalangère (Anthericum liliago), l’ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum pyrenaicum), le polystic en lance (Polystichum lonchitis), le genévrier (Juniperus communis) et bien d’autres espèces s’y côtoient.

Une telle diversité botanique induit la présence d’insectes variés, dont certains très rares.

Les oiseaux sont très nombreux dans ces vastes espaces boisés entrecoupés de pelouses et de prairies. Le milan royal, la bondrée apivore, la chouette effraie, la hulotte, le hibou moyen-duc, le râle d’eau, le martin-pêcheur, le cincle plangeur, la gélinotte, la bécasse des bois, le loriot, la pie-grièche grise, la pie-grièche écorcheur, le traquet tarier, etc. y ont été notés (JACOB et PAQUAY 1992).

Rappelons aussi que les pelouses de la réserve domaniale sont d’un intérêt majeur. L’anémone pulsatille (Anemone pulsatilla), l’antennaire dioique (Antennaria dioica), le muscari faux-botryde (Muscari botryoides), le tabouret des montagnes (Thlaspi montanum), la gentiane ciliée (Gentianella ciliata), la gentiane croisette (Gentiana cruciata), l’orchis singe (Orchis simia), l’orchis pourpre (Orchis purpurea), l’orchis brûlé (Orchis ustulata), l’acéras homme-pendu (Aceras anthropophorum), l’ophrys abeille (Ophrys apifera), l’orphys frelon (O. fuciflora), l’orphys mouche (O. insectifera)… s’y bousculent.