Réserve Naturelle du Bois Cumont

Dernière mise à jour : 21 mars 2016

Cette réserve est à présent sous la tutelle du DNF

Voir aussi SGIB n°37

Commune: PHILIPPEVILLE
Superficie : 9ha 10a 00ca
Propriétaires :5ha 61a 00ca (plateau du Bois dit Cumont) à la commune de Philippeville et 3ha 49a 00ca (Grotte du Bois Jean Mouton) à un propriétaire privé
Date de création : 1969
Conservateur : ?
La réserve est accessible au public et fléchée depuis la N5 Charleroi-Couvin jusqu’à la place du village où un panneau de stationnement invite à se garer. Ensuite, il est préférable de grimper la colline du Bois dit Cumont à pieds. Un panneau d’accueil marque l’entrée de la réserve, des pictogrammes invitent à suivre un tracé facile.
La partie située au cœur du Bois Jean Mouton est privée et accessible uniquement lors d’une visite guidée.

Le village de Roly est très typique. Une grande place régulière bordée de maisons grises entourant un ancien lavoir, une admirable ferme-château (qui abrita jadis le « Musée de la Fagne »), quelques ruelles à flanc de coteau, des vestiges de vergers haute-tige, de vieux chemins rocailleux, une vaste chapelle, une ancienne roue à aube de moulin couverte de tuf calcaire et ensevelie sous les plantes, y dessinent un tableau paisible. À la belle saison, les oiseaux chanteurs agrémentent cette découverte comme les hirondelles rustique et de fenêtre (Hirundo rustica et Delichon urbicum), le rouge-queue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) et le chardonneret élégant (Carduelis caduelis).

Le village est dominé par deux collines de calcaire frasnien séparées par un vallon herbagé. Les collines, en grande partie recouvertes par la forêt (bois Cumont, bois Jean Mouton), entourent la réserve naturelle que l’on rejoint par le chemin du cimetière (bois dit Cumont). De là, un immense paysage s’ouvre sur les prairies étales de la Fagne schisteuse et ses vastes étendues boisées.

La hêtraie calcicole à céphalanthère (Cephalanthera damasonium) et ses taillis de substitution sont très bien développés sur le bois dit Cumont où l’on peut surprendre le pic noir (Dryocopus martius) et le pouillot siffleur (Phylloscopus sibilatrix). Cette forêt est bordée de fourrés dans lesquels poussent le buis (Buxus sempervirens) et le lauréole (Daphne laureola), espèce fort rare dans nos régions, ainsi qu’un ourlet à euphorbe douce (Euphorbia dulcis). Au bois jean Mouton, c’est la chênaie-charmaie à primevère officinale qui domine, excepté où des éboulis ombragés portent une forêt de ravin qui, aux alentours d’un ancien ermitage et de la « Grotte », s’enrichit de diverses plantes introduites et naturalisées comme la scrofulaire printanière (Scrophularia vernalis) et le saxifrage à feuilles rondes (Saxifraga rotundifolia). Le géranium à rhizome (Geranium macrorrhizum) s’y rencontrait encore il y a quelques années. Des pelouses mésophiles, vestiges de parcours pastoraux ou même d’anciennes cultures, ont été progressivement recolonisées par la forêt.

L’objectif de la gestion est de combattre cet envahissement. Après restauration de la clairière du plateau du bois dit Cumont, une gestion d’entretien prévoit la coupe, par rotation bisannuelle, des rejets arbustifs suivie du ramassage du produit de ce fauchage à la débroussailleuse. Le maintien d’une vaste zone refuge est indispensable pour permettre aux nombreux insectes, dont de beaux papillons diurnes, de réaliser leur cycle de reproduction ainsi que pour permettre le maintien de reptiles comme le lézard vivipare (Zootoca vivipara) et l’orvet (Anguis fragilis).

Mais les pelouses les plus extraordinaires du point de vue botanique sont celles qui se développent sur les « arènes » (sable grossier) qui proviennent de la désagrégation du calcaire dolomitique. Le pâturin bulbeux (Poa bulbosa), le catapode rigide (Catapodium rigidum) et le nardure unilatéral (Nardurus maritimus) dont c’est ici la dernière localité connue en Belgique, y forment des groupements très ouverts, malheureusement de surface très réduite, exceptionnels dans nos contrées et pourtant fortement menacés de destruction dans le cadre d’un nouvel aménagement des accès au cimetière.