Réserve Naturelle Agréée Raymond Mayné

Dernière mise à jour : 6 décembre 2016

Commune: Rouvroy (Torgny) – Localisation et vue aérienne
Superficie totale: 6 ha 31 a
Propriétaire: Ardenne & Gaume asbl pour 3 ha 08 a 80 ca et la commune de Rouvroy pour 2 ha 96 a 30 ca
Date de création: 1942
Réserve naturelle agréée par arrêté de l’Exécutif régional wallon du 6 octobre 1988 (première réserve naturelle agréée en région wallonne)Accès au public autorisé uniquement sur le sentier principal
Site classé par Arrêté royal du 13 septembre 1977
Réserve biogénétique européenne – SGIB 43 –
Zone noyau de la zone de protection spéciale pour les oiseaux sauvages « Bajocienne »
Conservateur : J.-L. Renneson tél 0494 50 08 72 – Surveillance : DNF Ph. Toussaint
Raymond-Mayné

Raymond Mayné rêvant dans sa réserve (années 50)

La réserve naturelle RAYMOND MAYNE se trouve à l’extrême sud de la Belgique, dans cette Gaume accueillante et chaude que certains appellent la « Provence belge » ; elle s’étend sur le versant sud de la cuesta bajocienne, au nord du village typiquement lorrain de Torgny dont les maisons en calcaire jaunâtre, souvent recouvertes d’un enduit ocré, sont protégées par des tuiles « romaines » qui leur donnent cet aspect méridional si particulier. Les vestiges gallo-romains, mérovingiens … abondent dans la commune.

Vue de la réserve naturelle Raymond Mayné le 7 juin 2014

Vue de la réserve naturelle Raymond Mayné le 7 juin 2014 – Photo©J-L Renneson

La réserve comporte deux parties : à l’est une propriété communale ; au nord-ouest, une série de parcelles appartenant à ARDENNE ET GAUME dont certaines sont échelonnées le long du bois de Géline. Une petite parcelle tout à fait isolée, le « Haut des Coquillettes » se trouve contre la frontière française. Cette réserve fut la première créée par ARDENNE ET GAUME. Le nom de RAYMOND MAYNE y est associé. Non seulement cet entomologiste de très grande valeur fut pendant de longues années un président particulièrement dynamique de notre association, mais encore il donna à ARDENNE ET GAUME une parcelle de près d’un hectare qui vint heureusement compléter la superficie déjà acquise.

Ophrys insectifera - 16 mai 2014 - Photo©J-L Renneson

Ophrys insectifera – 16 mai 2014 – Photo©J-L Renneson

 

Gentianella ciliata - 28 septembre 2014 - Photo©J-L Renneson

Gentianella ciliata – 28 septembre 2014 – Photo©J-L Renneson

 

 

 

 

 

 

D’anciennes carrières ouvertes dans la calcaire du Bajocien supérieur (Oolithe de Jaumont), des pelouses, des fourrés forment l’essentiel de cette réserve qui jouit d’une exposition chaude et sèche. La forêt qui occupait jadis le site a été surexploitée, défrichée et pâturée ; elle a laissé la place à des pelouses appelées « truches » par le paysan gaumais. De nombreuses espèces d’insectes méridionaux se contrent ici comme la cigale des montagnes (Cicadetta montana), Cicadetta montana_Torgny_25juin1941A le criquet à ailes bleues (Oedipoda coerulescens) et surtout la mante religieuse (Manta religiosa), appelée en Provence lou Prégo-Dieu, la bête qui prie Dieu.

J-H.FABRE, dans sont style poétique et imagé, nous raconte que:

l’homme des champs a vu sur les herbages brûlés par le soleil un insecte de belle prestance, à demi redressé majestueusement.
Il a remarqué ses amples et fines ailes vertes, traînant à la façon de longs voiles de lin;
il a vu ses pattes antérieures, des bras pour ainsi dire, levées vers le ciel en posture d’invocation.
Il n’en fallait pas davantage; l’imagination populaire a fait le reste;
et voilà, depuis les temps antiques, les broussailles peuplées de devineresses en exercice d’oracle, de religieuses en oraison
« .
la mante religieuse

Comme chacun sait, la mante religieuse est un prédateur redoutable et « c’est le tigre des paisibles populations entomologiques, l’ogre en embuscade qui prélève le tribu de chair fraîche ». La qualité entomologique du site se maintient au fil des années comme le montre une étude des Coléoptères Carabidae de la réserve (LEBRUN et al. 1987). On peut aussi observer de nombreux papillons de jour dont quelques espèces originales, des hyménoptères, coléoptères et autres insectes.

réserve naturelle de Torgny

Les truches étaient jadis pâturés par les moutons. Après l’abandon de cet élevage, ils se sont progressivement embroussaillés et il est nécessaire de lutter constamment contre cet envahissement arbustif, de manière à conserver à ces pelouses sèches leur très grande richesse floristique. Les orchidées notamment sont nombreuses : l’orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis), l’orchis militaire (Orchis militaris), l’acéras ou homme-pendu (Aceras anthropophorum), l’orchis grenouille (Coeloglossum viride), ainsi que l’ophrys mouche (Ophrys insectifera), l’ophrys abeille (Ophrys apifera), l’ophrys frelon (Ophrys fuciflora), l’ophrys araignées (Ophrys sphegodes), etc. Le nom spécifique des ophrys traduit la forme du labelle des fleurs qui imite d’une façon parfaite certains insectes.

L'Echiquier (Carterocephalus palaemon) - mai 2014 - Photo©J-L Renneson

L’Echiquier (Carterocephalus palaemon) – 25 mai 2014 – Photo©J-L Renneson

L'argus frêle ( Cupido minimus) - 25 mai 2014 - Photo©J-L Renneson

L’argus frêle ( Cupido minimus) – 25 mai 2014 – Photo©J-L Renneson