Réserve Naturelle Agréée de Plombières

Dernière mise à jour : 19 août 2014

Commune: Plombières
Superficie totale: 11ha 23a 12ca dont 5ha 40a agréés
Propriétaire: commune de Plombières
Date de création: 1998
Réserve agréée par arrêté de l’Exécutif régional wallon du 4 mars 2004Site SGIB 354
Conservateur : Damien Ertz
Réserve accessible sur les sentiers à tout moment

Viola calaminaria Le site minier de Plombières est situé dans le nord-est de la province de Liège, dans la vallée de la Gueule non loin des trois frontières. Il est constitué par d’anciens dépôts des résidus provenant de l’exploitation et de la transformation des minerais de zinc. Ces dépôts ont été colonisés par des plantes strictement liées à ce type de sol et que l’on qualifie dès lors de « calaminaires ». La plus connue de toute est certainement la pensée calaminaire (Viola calaminaria), qui fleurit en abondance toute la bonne saison, surtout entre fin avril et août.

Orobanche purpurea

Avec d’autres espèces de plantes rarissimes à l’échelle européenne, elle forme des pelouses calaminaires qui font la réputation internationale du site minier. Les autres métallophytes strictes présentes sur le site sont la fétuque calaminaire (Festuca ovina subsp. ophioliticola), le gazon d’Olympe (Armeria maritima subsp. halleri), le silène calaminaire (Silene vulgaris subsp. vulgaris var. humilis) et le tabouret calaminaire (Thlaspi caerulescens subsp. calaminare). La flore du site a été décrite par Voosen (1993), Saintenoy-Simon & Duvigneaud (1996) et Duvigneaud & Saintenoy-Simon (1998). Le lichen calaminaire Stereocaulon nanodes, abondant sur le site, fut signalé par Lambinon (1964) et la mousse calaminaire Scopelophila cataractae par Sotiaux & De Zuttere (1987).

 

Clossiana selene Les pelouses sèches richement fleuries attirent aussi de nombreux insectes rares dont certains sont menacés de disparition à court terme en Belgique. C’est ainsi que 245 espèces d’hyménoptères aculéates ont été recensés sur le site par Lefeber & Petit (1970, 1974). Un grand nombre de ces hyménoptères creusent leur nid dans le sol meuble et sec. Les surfaces de sol nu sont ainsi importantes pour ces insectes.

Inachis ioCes inventaires datent de plus de trente ans, moment où les pelouses calaminaires étaient bien plus répandues. Ils mériteraient d’être réactualisés car on peut supposer que certaines de ces espèces sont désormais localement éteintes. Les papillons de jour intéressants se reproduisant sur le site sont Clossiana selene, Cyaniris semiargus, Erynnis tages, Issoria lathonia et Plebejus argus (Ertz 1998, 2000). Mais c’est un total de 31 espèces de papillons de jour qui ont été récemment recensés sur le site.

 

martin pêcheur L’avifaune comprend entres autres le gobe-mouche gris, le martin-pêcheur d’Europe, la bergeronnette des ruisseaux, le cincle plongeur et le héron cendré (Ertz 2000).

 

RN PlombièresLa biodiversité importante du site minier a justifié son classement en réserve naturelle dont la gestion a été confiée à l’asbl Ardenne & Gaume en 1998. La réserve, d’abord limitée à la rive droite de la Gueule, a été étendue à la rive gauche en 2008. Elle atteint maintenant une superficie d’environ 11 hectares.

Hélas, avec le temps, un reboisement important du site s’observe. La croissance des arbres (surtout des bouleaux et des saules marsault), bien que lente, entraîne progressivement la disparition des pelouses calaminaires. Une partie importante du site surtout en rive gauche de la Gueule, a ainsi perdu petit à petit son originalité botanique sur de grandes surfaces. Le comité de gestion a donc décidé de faire reculer certaines lisières forestières et d’éclaircir d’autres parties des zones boisées. De telles opérations de gestion ont été menées lors des hivers 2007-2008 et 2008-2009 sur la rive gauche du site. Les tous premiers résultats du déboisement observés étaient très encourageant puisque des tapis de pensées calaminaires sont réapparus là où des bouleaux les avaient fait disparaître. Des opérations d’étrépage consistant à enlever la litière accumulée sur le sol à cause des arbres sont aussi prévues par endroits pour permettre le retour des plantes calaminaires. Ces opérations de gestion se font là où le sol est supposé être le plus calaminaire. Des friches non calaminaires mais richement fleuries sont également entretenues par fauchage tous les deux ou trois ans avec exportation du produit de la fauche. Par contre, certaines zones boisées seront laissées à leur évolution spontanée et des arbres isolés seront aussi épargnés.

Références bibliographiques :

  • Duvigneaud J. & Saintenoy-Simon J., 1998. Les haldes calaminaires de Plombières (province de Liège, Belgique). Les Naturalistes Belges 79 : 24-32.
  • Ertz D., 1998. Le petit nacré (Issoria lathonia) sur les terrains calaminaires de l’Est de la Belgique : données nouvelles sur l’écologie, l’éthologie et la chorologie de l’espèce. Réflexions sur la gestion des sites calaminaires et l’impact des lapins. Natura Mosana 51 : 12-24.
  • Ertz D., 2000. La flore et la faune de quelques sites de grand intérêt biologique dans la vallée de la Gueule (Province de Liège, Belgique). Natura Mosana 53 : 1-18.
  • Lambinon J., 1964. Stereocaulon nanodes Tuck. en Wallonie et en Rhénanie. Lejeunia, N. S., 27 : 8 p.
  • Lefeber V. & Petit J., 1970. Note sur les Hyménoptères Aculéates d’une halde calaminaire. Natuurhist. Maandblad 59 : 128-136.
  • Lefeber V. & Petit J., 1974. Hymenoptera-Aculeata (Bijen en Wespen) en hun vliegplanten in de halde van Plombières. Natuurhist. Maandblad 63 : 161-166.
  • Saintenoy-Simon J. & Duvigneaud J, 1996. Le site calaminaire de Plombières (Bleiberg). Parcs et Réserves d’Ardenne & Gaume 51 : 5-9.
  • Sotiaux A. & De Zuttere P., 1987. Scopelophila cataracte (Mitt.) Broth. (Pottiaceae, Musci) nouveau pour le continent européen en France, en Belgique, aux Pays-Bas et en République fédérale allemande. Le genre Scopelophila (Mitt.) Lindb. en Europe. Cryptogamie, Bryol. Lichénol. 8 : 95-108.
  • Voosen M., 1993. Vegetations- und Substratanalysen an Schwermetallstandorten in Ostbelgien. Verbreitung – Artenspektrum – Substratbelastung – Gefährdung. Köln, Diplomearbeit im Fach Geographie, 108 p.