Réserve Naturelle de Redu

Commune: Redu
Superficie totale: 12a 30ca
Propriétaire: Ardenne et Gaume
Date de création: 1947

La réserve naturelle de Redu est de la taille d’un jardin citadin. Elle se trouve au confluent de l’Our et de la Lesse, rivière qui furent si bien décrites par Adrien DE PREMOREL:

« La Lesse commence, au sortir des prés de Maissin, son plus long parcours à travers bois.
Elle devient ici la rivière des merles d’eau, des loutres et des martins-pêcheurs,
la rivière des truites aussi qui la traversent de flèches sombres.
Les grandes libellules, chassant phalènes et moustiques, la survolent en éclairs;
de merveilleux papillons étalent, sur ses bords, le velours chatoyant de leurs ailes.
Elle chante pour la forêt dont les arbres, parfois, croisent au-dessus d’elle leurs branches en arcades,
pour les vies discrètes qui s’épanouissent à leur ombre …
Dans un site aimé des chevreuils, elle reçoit les eaux de l’Our, rivière capricieuse.
Les Deux Eaux, torrentueuses et bruyantes s’unissent dans la solitude ».

Des photos de Georges MATAGNE publiées en 1946 dans Parcs nationaux par M. BOUILLENNE-WALRAND illustrent parfaitement la beauté des deux rivières « en fleurs », bordées de trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata), de rubanier rameux (Sparganium erectum) et d’iris jaune (Iris pseudacorus). Jadis, les fonds de vallées étaient occupés par des prairies de fauche, exploitées pour le foin qui était remonté dans les villages par des chemins en pente douce.

A proximité du confluent, des prés de fauche humide à reine des prés (Filipendula ulmaria) ont été décrits par DUVIGNEAUD (1964). Ils abritaient entre autres le populage des marais (Caltha palustris), le jonc acutiflore (Juncus acutiflorus), la bistorte (Polygonum bistorta), le comaret (Comarum palustre), la violette des marais (Viola palustris) et même en bordure de chemin la minuscule wahlenbergie (Wahlenbergia hederacea) qui porte en été de petites clochettes bleu pâle.

Mais l’exploitation des prés de fauche a cessé et les parcelles ont été enrésinées ou se sont progressivement boisées. Tel est le cas de la réserve de Redu qui, en près d’un demi-siècle, a disparu sous les broussailles.