Réserve Naturelle de Ansart (nommée également réserve Lisa et Philippe Toussaint)

ernière mise à jour : 26 février 2017

Commune: Tintigny ( Village de Ansart )
Superficie totale: 1 ha 60 a
Propriétaire: Ardenne & Gaume asbl
Date de création: 1984
Zone humide d’intérêt biologique par Arrêté ministériel du 2 mars 1994 – Site SGIB n° 2
Conservateur : J-L Renneson (0494/ 50 08 72 ou 063/41.11.63 le soir)

Il existe en Gaume des milieux très particuliers qui, bien que d’origines très différentes, renferment des biotopes assez semblables, d’un très grand intérêt. Ce sont les marnières et les mardelles.

Vue de la marnière d'Ansart le 26 avril 2015 - Photo : J-L Renneson

Vue de la marnière d’Ansart le 26 avril 2015©J-L Renneson

marnière d'Ansart

Vue de la marnière d’Ansart le 8 août 2012 – Photo: J-L Renneson

Les marnières sont des carrières qui ont été exploitées jadis pour fertiliser les champs. Elles peuvent être assez étendues comme à Attert, mais, le plus souvent, elles sont de superficie très réduite. Les paysans venaient extraire les marnes nécessaires aux champs avoisinant. Les marnages étaient destinés à augmenter le pH des sols et ainsi accroître le production céréalière surtout.

Abandonnées, les excavations se sont remplies d’eau. Une flore et une végétation particulièrement originales s’y sont installées.

Les mardelles par contre résultent d’un phénomène tout à fait naturel, la dissolution et l’entraînement des carbonates contenus dans les marnes par les eaux de percolation. Les mardelles peuvent présenter différents stades d’évolution, depuis le simple tassement des marnes jusqu’à la formation de cuvettes plus ou moins profondes, dont le fond est colmaté par les argiles de dissolution des marnes. Dans les “mardelles séniles”, il peut y avoir formation de dépôts tourbeux (COUTEAUX 1969).

Les rebords plus secs des marnières et des mardelles sont souvent colonisés par un groupement des plus rares, la pelouse à gentianes (Gentianella ciliata, G. germanica). Leur intérêt entomologique est très grand. Des inventaires sont actuellement en cours.

Bombus hotorum butinant la pulmonaire - 26 avril 2015 - Photo: J-L Renneson

Bombus hotorum butinant la pulmonaire – 26 avril 2015© J-L Renneson

Marnières et mardelles sont bien souvent isolées au milieu des champs. Elles servent de refuge à une flore et une faune remarquables concentrées sur une superficie qui n’atteint pas toujours 1 ha. Elles sont malheureusement menacées par les épandages d’engrais et de pesticides qui sévissent à leurs abords et par les déversements de déblais divers destinés à les combler. C’est pourquoi l’établissement d’un réseau de mardelles et marnières protégées doit être un objectif prioritaire.

La marnière d’Ansart est particulièrement riche. On peut y observer des groupements d’eau libre, des bas-marais, des cariçaies, des jonchaies, des prairies du Molinion … L’utriculaire commune (Utricularia vulgaris), l’hottonie des marais (Hottonia palustris)

Hottonia palustris - 26 avril 2015 - Photo : J-L Renneson

Hottonia palustris – 26 avril 2015 – Photo : J-L Renneson

L’Hottonie en fleur – Hottonia palustris – 21 mai 2016©J-L Renneson

le trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata), l’orchis de mai (Dactylorhiza fistulosa = D. majalis), l’épipactis des marais (Epipactis palustris), la laîche arrondie (Carex diandra), la laîche puce (Carex publicaris), la serratule des teinturiers (Serratula tinctoria) y sont présentes.

Menyantes trifoliata - 26 avril 2015 - Photo : J-L Renneson

Le trèfle d’eau – Menyantes trifoliata – 26 avril 2015©J-L Renneson

L’embroussaillement rapide nécessite une gestion annuelle (fauche et ramassage)  pour contenir les fourrés qui pourraient à terme étouffer les plantes herbacées. Il serait nécessaire de poursuivre l’ouverture du site autant que possible.

Prasocuris phellandrii - coléoptère Chrysomelidae vivant sur Caltha palustris - 26 avril 2015 - Photo J-L Renneson

Prasocuris phellandrii – coléoptère Chrysomelidae vivant sur Caltha palustris – 26 avril 2015©J-L Renneson