Réserve Naturelle Agréée de Colanhan

 Dernière mise à jour : 10 octobre 2016

Commune: Lierneux
Superficie totale: 20ha 65a 77ca
Propriétaire: Ardenne & Gaume asbl
Date de création: 1986
Réserve agréée par arrêté de l’Exécutif régional wallon du 23 juillet 1992
Zone noyau de la zone de protection spéciale du Plateau des Tailles
Conservateur : E. Jowa
Site internet : site SGIB n°7
La réserve est accessible sur les sentiers à tout moment

colanhan-01-06-2013b-clesse4

Le Colanhan est une grande colline allongée d’est en ouest, au sud du village de Verleumont. Son sommet atteint 565m. Il présente des intérêts géologiques, géomorphologiques, historiques et paysagers.

Le socle est formé de phyllades salmiens très métamorphisés, disposés en bancs redressés presqu’ à la verticale et présentant une schistosité très marquée. Ces phyllades très durs ont mieux résisté à l’érosion que les roches des alentours si bien que par érosion différentielle, la Montagne du Colanhan émerge des “plaines herbagères” voisines et se termine à l’ouest par un abrupt spectaculaire plongeant jusqu’à la Lienne. C’est ce que les géomorphologues appellent un synclinal perché, structure très rare chez nous.

Les phyllades (très durs et à schistosité marquée (clivage ardoisier)), ont été exploités comme ardoises pendant des siècles. Toutes les exploitations, artisanales et quasi familiales, eurent lieu sur le sommet, par creusement de fosses et accumulation de déblais en gros tas, tous encore visibles actuellement. Le caractère familial de cet artisanat local fait que la colline est morcelée en une infinité de petites parcelles.

colanhan-01-06-2013b-clesse9

Le paysage du sommet et des rebords est donc tout en bosses et en fosses, avec d’immenses monticules de déblais et des excavations profondes, aux parois rocheuses verticales ou en surplomb. L’eau stagne en permanence au fond de quelques-uns de ces trous.

Le sommet du Colanhan offre encore d’admirables vues sur les étendues herbagères et les villages de la haute vallée de la Lienne.

Les excavations présentent des parois rocheuses aux diverses expositions; certaines sont sèches, d’autres humides. Les groupements cryptogamiques de ces parois sont donc héliophiles ou sciaphiles, xérophiles ou hygrophiles.

C’est sur les replats ombragés de ces excavations que se développe le lycopode sélagine (Huperzia selago), en voie d’extinction dans notre pays, et le lycopode en massue (Lycopodium clavatum), en forte régression.

Les eaux stagnantes donnent lieu à la formation de microtourbières ou de micromarécages dans lesquels on observe la laîche noire (Carex nigra), la laîche à bec (C. rostrata), le jonc à tépales aigus (Juncus acutiflorus), la linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum polystachion) et diverses espèces de sphaignes (Sphagnum div. sp).

colanhan-01-06-2013b-clesse13

Les cônes de déblais, très filtrants, ont été au cours du temps colonisés par des mousses et des lichens d’abord, puis ensuite par une lande à callune (Calluna vulgaris), myrtille (Vaccinium myrtillus), myrtille des loups (Vaccinium uliginosum), avec, plus rarement l’airelle (V. vitis-idaea), le genêt des Anglais (Genista anglica) et la canche flexueuse (Deschampsia flexuosa).

colanhan-01-06-2013b-clesse14

Les endroits un peu plus terreux, en périphérie des monticules de déblais ou le long de l’ancien chemin ou sur le début de la pente, portent des bosquets clairs de chêne pédonculé (Quercus robur) rabougris et bas-branchus, souvent en peuplements purs mais parfois accompagnés de quelques bouleaux verruqueux (Betula pendula) ou sorbiers des oiseleurs (Sorbus aucuparia).

Des lichens très rares y ont été observés : Scoliciosporum sarothamni sur des brindilles de Calluna, Vaccinium et Tuckermannopsis sepincola.

Les flancs proprement dits sont couverts uniformément de taillis de chêne et bouleaux verruqueux à sous-bois de canche flexueuse (Deschampsia flexuosa) et de myrtille (Vaccinium myrtillus), avec, aux expositions sèches, quelques alouchiers ou alisiers blanc (Sorbus aria) ainsi que des coussinets de mousse Leucobryum glaucum.

Plusieurs de ces anciens taillis ont été remplacés par des pessières. Mais ces dernières malvenantes sur des sols aussi superficiels que ceux de Colanhan présentent des clairières, des trouées dans lesquelles le taillis de chêne et de bouleau se régénère à merveille.

C’est pourquoi Ardenne &Gaume a formé le projet d’acquérir toute la colline, y compris les versants, qui, progressivement, après enlèvement des épicéas, retrouveront leur physionomie de forêt feuillue.

Des fragments de prairies abandonnées depuis des nombreuses années subsistent dans la vallée de la Lienne. Elles sont relativement banales et et n’ont pas encore démontré d’intérêt botanique ni zoologique particulier.

Malgré l’absence d’observations zoologiques, on a déjà pu voir au Colanhan des terriers, toujours occupés, de renard et de blaireau. Aux dires de certains habitants voisins, il y aurait même là une très grosse population de blaireaux.

Les trous d’eau sont des sites potentiellement favorables à divers amphibiens et à la couleuvre coronelle notamment.