Parcs & Réserves – Volume 56 – Fascicule 3 – 2001

Les Bas-Prés de la Dendre, réserve d’Erpent Loyers, Mont-Sainte-Marie, banque de graines, Franck Renard, orthoptères, la forêt de Bialowieza, le conseil de l’Europe, conservation de la Nature en Colombie

Sommaire

Page 1 – Éditorial
Page 2 – Une nouvelle réserve naturelle d’Ardenne et Gaume : Les bas prés de la Dendre – par J. Duvigneaud, G. Boosten et J. Saintenoy-Simon
Page 7 – À la rencontre du Pays mosan : Visite de la réserve d’Erpent Loyers – par M. Fautsch
Page 10 – À la recherche du passé autour du Mont-Sainte-Marie, haut lieu du Condroz namurois – par Willy Lassance
Page 16 – L’étude de la banque de graines du sol, un outil efficace pour orienter la restauration des milieux semi-naturels – par J.-F. Duliere, G. Mahy et L.-M. Delescaille
Page 21 – Franck Renard – par Benjamin Stassen
Page 27 – L’apport de l’étude des orthoptères à la connaissance et à la surveillance de la biodiversité – par Jean-Marc Couvreur
Page 30 – La forêt de Bialowieza (première partie) – par L.-M. Delescaille et P. Ghiette
Page 38 – Vers une nouvelle politique des parcs naturels en Région wallonne ? – par J.-P. Verhaegen
Page 39 – Les nouvelles du conseil de l’Europe : « la restructuration » – par J. Stein
Page 41 – Renforcement de la participation de la population dans des actions de conservation en Colombie – par G. Grau

À découvrir dans ce numéro

Les bas-prés de la Dendre

C’est le 23 octobre 2000 que la Ville d’Ath a marqué son accord pour la création de cette réserve naturelle située au nord de la ville. Composée d’anciens reliquats de la plaine alluviale de la Dendre, cette réserve naturelle couvre environ 4 hectares. Sur le plan floristique, on y trouve beaucoup d’espèces appréciant les milieux humides comme Carex riparia et Equisetum telmateia. C’est également le lieu d’une des dernières stations de la gesse de Nissole, autrefois répandue. Au niveau faunistique, on peut rencontrer nombre d’oiseaux typiques de ces milieux (grèbe castagneux, foulque macroule, héron cendré…), ainsi que plusieurs espèces d’amphibiens. Les insectes ne sont pas en reste avec la présence de la sauterelle Conocephalus dorsalis, ainsi que le rare coléoptère Cassida murraea.

Banques de graines

La banque de graines se définit comme « la réserve de graines viables présentes dans le sol et à sa surface ». Cette réserve peut se révéler essentielle pour la restauration écologique des milieux menacés. Dans le cas des pelouses calcaires, la banque de graines se révèle pauvre en espèces caractéristiques de ces milieux, mais riches en espèces rudérales. La restauration de ces sites nécessite une gestion rigoureuse (fauchage ou pâturage) pour espérer le retour de ces espèces typiques. Pour les landes à bruyère par contre, la restauration s’avère plus rapide grâce à la persistance des graines de bruyère (plusieurs dizaines d’années). Une suppression de la strate arborée suffira bien souvent à retrouver rapidement une végétation caractéristique de ces landes.
Ces deux exemples montrent clairement combien l’étude de ces banques de graines est importante pour une bonne gestion des terrains à restaurer.

La forêt de Bialowieza

Située à cheval sur la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, la forêt de Bialowieza couvre environ 155000 ha. Ancienne réserve de chasse privée des rois de Pologne puis des tsars de Russie, elle a été érigée en Parc National en 1947 (pour 5348 ha). Considérée comme le dernier exemple de forêt primaire en Europe, la forêt de Bialowieza n’en a pas moins subi quelques outrages le long de son existence : défrichement au Moyen-âge, pâturage, extraction de charbon de bois … De plus, un incendie l’a ravagée en 1811. Pendant la 1re guerre mondiale, les Allemands ont exploité 5 millions de mètres cubes.

Cependant, même si on ne peut pas la qualifier de « forêt vierge », la forêt de Bialowieza comporte encore de nombreuses stations avec des espèces végétales et animales propres aux forêts primaires. La formation forestière la plus caractéristique est la forêt feuillue à base de chêne pédonculé, de tilleul à petites feuilles et de charme. Elle couvre + de 50% de la surface du Parc. Le long des cours d’eau, on découvrira des aulnaies-frênaies, tandis que sur les sols plus pauvres, c’est l’association du pin sylvestre avec certaines essences feuillues qui sera prédominante. Sur les sols podzolisés, c’est plutôt l’épicéa qui formera des forêts mixtes avec le chêne pédonculé et le peuplier tremble. Enfin, les zones mal drainées constitueront les domaines de l’aulnaie marécageuse.

L’œil ébloui : F. Renard

Né en 1968, Franck Renard s’initie très tôt à la photographie animalière. Il édite son premier livre « Oiseaux de la passion » en 1993, en collaboration avec Serge Sorbi et André Drèze. Il devient garde forestier à Spa à 28 ans. Il aime partager son amour de la nature en guidant des groupes scolaires ou naturalistes. En 2000, il publie « Affût : patience du photographe ».