Parcs & Réserves – Volume 61 – Fascicule 2 – 2006

Agriculture suisse en vert. Services non marchands des forêts. Écotourisme à Bombo Lumene. Les Hurées.

Sommaire

Page 3 – Éditorial – par W. Delvingt
Page 4 – Le Domaine de chasse de Bombo Lumene : un espace naturel en péril aux frontières de Kinshasa. – par C. Vermeulen et F. Lanata
Page 9 – Vert, la couleur de prédilection de l’agriculture suisse depuis 10 ans ! – par M. Ulber et B. Jans
Page 16 – Les bénéfices des services non marchands des forêts – extrait de la lettre des sylves, décembre 2005 numéro 45 – Avec l’aimable autorisation de France Nature Environnement
Page 20 – La pelouse calcaire « Les Hurées » à Matagne-La-Grande – du dépôt d’immondices à la réserve naturelle – par J.-M – Bertrand
Page 23 – Lecture – Ardenne de sève et de sang – par Philippe Moës

À découvrir dans ce numéro

Bombo Lumene en péril : vers une gestion durable et partagée du patrimoine naturel

Bombo Lumene, site naturel aux portes de Kinshasa, est menacé par le braconnage, la déforestation et la colonisation. Pour le sauver, un écotourisme durable doit être mis en place, en partenariat avec les populations locales et soutenu par une gestion renforcée de l’ICCN.

Virage écologique en Suisse : l’intention y est, les résultats peinent

Sous la pression de l’opinion publique et grâce au système de démocratie directe, la Suisse a amorcé dans les années 90 une réforme profonde de son agriculture pour la rendre plus écologique. Cette décision collective a permis une réorientation claire des politiques agricoles vers la durabilité. Toutefois, le bilan reste mitigé. Le temps nécessaire pour restaurer les écosystèmes dépasse largement celui qu’il a fallu pour les dégrader.

Et si la forêt était enfin payée pour ce qu’elle donne ?

Le bois ne suffit plus à financer l’entretien des forêts : sa valeur chute, les coûts montent, et les aides publiques restent centrées sur la production. Pourtant, la forêt rend de nombreux services gratuits à la société (climat, eau, loisirs, biodiversité). Il est urgent de reconnaître et rémunérer ces fonctions, en appliquant le principe « bénéficiaire-payeur ». La société civile peut jouer un rôle décisif en exerçant une pression collective, pour rééquilibrer les aides et forcer les décideurs à reconnaître la valeur réelle – écologique, sociale et économique – des forêts.

Retour des troupeaux et d’une nature oubliée sur la pelouse des Hurées

Autrefois façonnée par le pâturage collectif, la pelouse calcaire des Hurées (Matagne-la-Grande) avait été abandonnée, envahie par les arbres et transformée en dépotoir. Grâce à l’engagement des élèves d’une école rurale, une prise de conscience collective a conduit à sa reconversion en réserve naturelle officielle en 1983. Cette pelouse est gérée de manière durable par un pâturage extensif de moutons et de chèvres, renouant avec les pratiques agropastorales traditionnelles. Cette gestion écologique incarne une volonté publique claire de restaurer les milieux ouverts à haute valeur écologique, tout en rendant hommage aux usages ruraux anciens.