Sommaire
Page 3 – Édito : Les terrils wallons, une richesse négligée – par W. Delvingt et C. Bauffe
Page 4 – Le statut de conservation du genévrier commun (Juniperus communis L.) en Wallonie – par L.-M. Delescaille et P. Frankard
Page 16 – Observations sur la régénération du genévrier commun (Juniperus communis L.) dans la région de Lesse et Lomme (communes de Tellin et Rochefort, Belgique) – par L.-M. Delescaille
Page 26 – Impact des aménagements forestiers et cynégétiques sur les Rhopalocères forestiers – par J. Delacre
À découvrir dans ce numéro
Le genévrier, sentinelle fragile des landes
Autrefois commun dans les parcours pastoraux wallons, le genévrier commun (Juniperus communis) a fortement régressé au XXe siècle. Bien que protégé, cet arbuste pionnier, hôte de nombreuses espèces spécialisées, souffre de l’abandon des pâturages, de la fermeture des milieux et d’une faible régénération naturelle (moins de 5 % de graines viables). Les fourrés de genévriers, habitat d’intérêt communautaire, sont en mauvais état de conservation en Wallonie. Des actions de restauration (déboisement, étrépage, création de sols nus) menées dans plusieurs réserves (Resteigne, Cour, Planerèces) ont permis l’apparition de semis, mais leur survie reste fragile. Un programme de bouturage et de réintroduction (7000 plants) a été lancé pour sauvegarder ce conifère emblématique.
L’espoir renaît sous les genévriers
Dans la région de Lesse et Lomme (Tellin, Rochefort), cœur wallon de la distribution du genévrier, la régénération naturelle de l’espèce est possible grâce à des travaux de restauration des pelouses calcicoles (déboisements, étrépage). Sur le Tienne des Vignes, 121 semis sont apparus après coupe de pins noirs, avec un taux de survie de 21,5 % après 15 ans, malgré une forte mortalité les premières années (gel, broutage, concurrence herbacée). Au plateau des Pairées, 75 semis recensés en 1999 n’ont laissé que 3 survivants en 2006, mais de nouvelles vagues de régénération sont apparues. Le pâturage ovin en période de végétation est bénéfique, mais le pâturage hivernal est à proscrire. Un suivi précis montre que la gestion mécanique des rejets ligneux est indispensable pour maintenir les semis à la lumière.
La vie secrète des layons forestiers
Dans la forêt de Doische, une gestion forestière ancestrale (petites coupes de taillis, entretien des chemins) a favorisé 64 espèces de papillons, dont le rare Damier de la Succise. L’auteur alerte : les gyrobroyages trop ras et trop tardifs (juillet-août) détruisent chenilles et chrysalides. Il plaide pour des fauches tardives (après mi-septembre), réglées à 20 cm du sol, et l’usage de faucheuses moins agressives.