Parcs & Réserves – Volume 71 – Fascicule 1 – 2016

Des fourmis que l'on oublie aux papillons qui s'éteignent, des lichens qui renaissent après cent ans d'absence : la nature ne tient qu'à un fil, et c'est nous qui le tenons.

Sommaire

  • Page 4 – Les fourmis de nos régions – Philippe Wegnez
  • Page 13 – La gestion des réserves naturelles en faveur des fourmis de nos régions – Philippe Wegnez
  • Page 21 – Le nacré de la canneberge en réserves de Mirenne et Logbiermé – Quentin Dubois et Camille Turlure
  • Page 30 – Teloschistes chrysophthalmus, un lichen retrouvé après plus d’un siècle en Belgique, dans la RNA de la Heid des Gattes à Aywaille – Eric Steckx et François Corhay

À découvrir dans ce numéro

Les reines de l’ombre

Noires, rousses ou jaunes, piqueuses ou bâtisseuses, les fourmis sont partout : sous les pierres, dans les bois, jusque dans nos jardins. Pourtant, ce petit peuple discret recèle encore bien des secrets. Et vous pouvez aider à les percer. En Belgique comme en France, des projets participatifs (Fourmiswalbru, Antarea) invitent naturalistes et promeneurs à collecter ces insectes fascinants pour mieux connaître leur répartition et leur écologie.

Les fourmis méritent mieux que l’indifférence

Papillons, orchidées, libellules : les gestionnaires de réserves naturelles se concentrent sur les espèces qui fascinent. Les fourmis restent les grandes oubliées. Pourtant, elles sont essentielles à l’équilibre des milieux et à des espèces protégées comme les papillons myrmécophiles (Maculinea). Et contrairement aux libellules ou aux oiseaux, les fourmis ne recolonisent pas vite. Une espèce disparue mettrait des siècles à revenir. Il est temps d’intégrer ces bâtisseuses silencieuses dans les plans de gestion, en conservant arbres, litière et zones refuges. Car protéger la biodiversité, c’est aussi penser à ce qui rampe.

Le nacré de la canneberge, papillon des tourbières : deux réserves ardennaises au cœur de sa survie

Dans les tourbières ardennaises, le nacré de la canneberge (Boloria aquilonaris) survit là où poussent sa plante hôte et les buttes de sphaigne qui abritent ses chenilles. Les réserves de Mirenne et Logbiermé abritent chacune plus de 5% de la population belge de l’espèce. Mais leur diversité génétique est faible, et Mirenne souffre de consanguinité. Pour préserver ce papillon fragile, les gestionnaires doivent protéger les buttes de sphaigne, maintenir des lisières boisées contre le vent et conserver les plantes nectarifères.

Teloschistes chrysophthalmus, le lichen aux yeux d’or

Un petit lichen orangé aux apothécies frangées, Teloschistes chrysophthalmus, a été découvert en février 2016 dans la réserve de la Heid des Gattes, sur une aubépine. Absent de Belgique depuis plus d’un siècle (trois mentions seulement au XIXe siècle en Flandre), il fait ici son retour en Wallonie.