Sommaire
Page 3 – Éditorial – par W. Delvingt
Page 4 – Gestion de la réserve « Comte Ferdinand d’Ursel » à Ben-Ahin – par J. Saintenoy-Simon
Page 6 – Approche des coûts d’entretien des pelouses sèches sur calcaire par pâturage et fauchage à la débroussailleuse – par L. Colmant et A. Henry
Page 13 – Le lac de Bambois ou le phénix renaissant de ses cendres – par Ch. Laliere
Page 17 – Intérêt botanique du lac de Bambois – par M. Lannoy
Page 18 – Petit aperçu de l’intérêt ornithologique du lac de Bambois – par L. Colmant
Page 19 – L’interview – Christian Laliere répond aux questions de W. DELVINGT
Page 21 – Sauvetage d’un éléphant en centre Afrique – W. Delvingt
Page 23 – Le maintien de la gélinotte dans les Ardennes : forestiers belges et français lancent des programmes d’action à grande échelle – L. Colmant
À découvrir dans ce numéro
L’Éveil de la Vallée Silencieuse
Là où la Meuse autrefois creusa ses méandres, la terre se souvient. Des eaux filtrées jaillissent aujourd’hui, non plus des fosses à tuiles, mais des entrailles d’une réserve où la nature reconquiert ses droits. Sur les coteaux, la hêtraie ombrage les schistes du Houiller, tandis qu’en contrebas, les marécages murmurent des chants de laîches et de libellules fauves. La main de l’homme, devenue jardinière, écarte les saules pour que la lumière danse sur les roselières et que le rare pigamon jaune déploie ses flammes. C’est un équilibre fragile, une poésie de l’eau et du bois, où la crue même, en épousant la plaine, lave le monde de ses scories.
L’Or du Temps et le Souffle des Moutons
Au Chamousias, sur les coteaux calcaires du Viroin, l’envahissement des ronces menace la pelouse sèche. Deux stratégies s’affrontent pour la sauvegarder : le fauchage minutieux à la débroussailleuse, travail d’orfèvre exigeant en temps et en argent, ou le pâturage ovin, où les brebis entretiennent le tapis herbacé d’une dent plus légère pour le budget. Clôtures fixes ou mobiles, coûts d’installation et de suivi s’additionnent, mais le troupeau l’emporte en souplesse sur les grandes surfaces. Entre le bourdonnement de la machine et le tintement des cloches, le gestionnaire arbitre, pour que la pelouse sèche résiste au temps et aux fourrés.
Le Phénix des Eaux
Au cœur du pays namurois, le lac de Bambois, jadis joyau touristique, agonisait sous la pollution et l’abandon. Ses eaux, souillées par les égouts des campings, menaçaient jusqu’à la nappe phréatique alimentant Fosses-la-Ville en eau potable. Mais une poignée de citoyens, rassemblés autour de l’asbl IDEF, a refusé la fatalité. Pendant dix ans, ils ont tissé des alliances avec les pouvoirs publics, construit des stations d’épuration, protégé roselières et berges. Aujourd’hui, le lac renaît, plus vivant que jamais : plage, sentier nature, observatoire ornithologique, pêche raisonnée et jardins pédagogiques accueillent un tourisme respectueux. Bambois est la preuve que la volonté citoyenne, conjuguée à l’action publique, peut ramener à la vie un écosystème englouti.
L’Ombre et la Clairière
Dans les profondeurs des forêts ardennaises, un petit gallinacé au plumage discret s’éteint lentement. La gélinotte, inféodée aux taillis buissonnants et aux sous-bois diversifiés, voit son habitat grignoté par les futaies uniformes de hêtres et d’épicéas. Mais de part et d’autre de la frontière, forestiers belges et français unissent leurs forces. À Charleville-Rocroi comme à Couvin, des programmes d’action voient le jour : maintien des taillis, création de trouées pour la myrtille, hétérogénéité des peuplements. L’enjeu est de taille : préserver une mosaïque de milieux pour que la gélinotte, témoin fragile de la forêt d’antan, continue de danser à l’orée des clairières.