Parcs & Réserves – Volume 52 – Fascicule 4 – 1997

Jean-Marie Dumont (1939-1997), analyse phytosociologique des forêts feuillues, l’entomofaune forestière, les botteresses, la chasse en Afrique.

Sommaire

Page 1 – Éditorial
Page 2 – Jean-Marie Dumont (07.08.1939 – 10.10.1997) – par J. Margot, avec M.-J. Voz, J. Saintenoy-Simon, J. Clesse et J. Duvigneaud
Page 4 – Les forêts feuillues de Ferrières (prov. De Liège) : analyse phytosociologique – par J. Stein
Page 14 – La qualité de l’entomofaune forestière : de la théorie aux faits – par Ph. Lebrun
Page 23 – Les botteresses âs tchamps – par J.-F. Keller, avec A.-M. Reggers
Page 25 – La chasse et la commercialisation du gibier en Afrique forestière francophone : Deuxième partie : La chasse villageoise – par W. Delvingt et M. Dethier
Page 29 – Reverrons-nous un jour le tétras-lyre (coq de bruyère) au plateau des Tailles ? – par Marc Deroanne

À découvrir dans ce numéro

Jean-Marie Dumont (1939-1997)

Rochefortois de souche, Jean-Marie Dumont a été un botaniste phytosociologue reconnu. Il a particulièrement œuvré dans la description des groupements végétaux présents sur le Plateau des Tailles et a transmis ses connaissances, entre autres, à travers de nombreux colloques auxquels il a participé. Cette volonté de partager son savoir s’est manifestée également en tant qu’enseignant au laboratoire décentralisé d’écologie de l’UCL à Odeigne puis à l’ancienne école de Petit-Sart à Lierneux.

C’est aussi en tant que rédacteur chez Ardenne et Gaume de 1984 à 1993, qu’il fit partager sa passion et son amour du travail bien fait, supervisant la rédaction de nombreux articles.
Jean-Marie Dumont a participé également à la création de réserves naturelles, telles que la Fange-aux-Mochettes, la colline du Colanhan, les prés de la Lienne et les prés du Haut Sommerain.

La qualité de l’entomofaune forestière

En théorie, en Belgique et dans l’Europe du Nord-Ouest, le territoire est potentiellement recouvert d’une forêt feuillue dominée par le chêne et le hêtre. Ce « climax » est donc l’écosystème qui, à l’échelle humaine, constitue le meilleur compromis entre climat local, type de sol et histoire du peuplement biologique. Il est capable de s’autogénérer, c’est-à-dire qu’il peut se reconstituer en passant par différentes étapes de son développement. En effet, le climax est loin d’être toujours homogène : il subit différentes perturbations (chutes d’arbres morts ou suite à des tempêtes, incendies spontanés, éboulements de terrain…). Il présente donc à tout moment une mosaïque de milieux différents, riches d’une grande biodiversité. Malheureusement, cette mosaïque ne se retrouve pas dans les forêts de sylviculture intensive.

Cette pauvreté biologique se marque dans l’entomofaune sylvicole, et plus particulièrement dans les populations de Carabidés. En comparant le nombre d’espèces de carabes dans 2 sites proches, mais gérés de manière différente, on constate une proportion deux fois moindre d’espèces de carabes dans le site géré en sylviculture intensive. Cette analyse prévaut également pour les populations de papillons de jour sylvestres. Des propositions concrètes et réalisables peuvent néanmoins être appliquées, telles que le maintien des arbres et arbustes spontanés, le maintien des chablis et des ornières, la diversification des peuplements…

La chasse villageoise en Afrique centrale

Des études sur l’organisation de la chasse villageoise ont été réalisées au Cameroun, au Congo et en Centrafrique par la Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux, sous l’égide de l’Union européenne. Ces études ont montré que les pratiques de chasse villageoise ont changé ces dernières années : la chasse collective a été remplacée par la chasse individuelle, le fusil a remplacé l’arbalète, et les pièges sont désormais réalisés en acier. Ces pièges efficaces provoquent principalement la capture d’artiodactyles, dont plusieurs espèces de céphalophes Les primates (cercopithèques, cercocèbes et colobes) sont plutôt tués au fusil. Les rongeurs, les carnivores, les reptiles et les oiseaux complètent le tableau de chasse, mais en moindre nombre.

Cette chasse a un impact négatif particulièrement chez 2 espèces de céphalophes : le céphalophe bleu et le céphalophe à bande dorsale noire. En effet, le prélèvement dépasse désormais la productivité du milieu. Cette chasse villageoise est bien sûr une source de protéines nécessaire aux populations locales ; mais si elle s’est intensifiée, c’est parce qu’elle génère également un bénéfice grâce à la revente de la viande aux centres urbains proches. Cet argent est nécessaire aux populations locales pour faire face aux besoins nouveaux que sont l’éducation des enfants, les soins de santé…