Sommaire
Page 1 – Éditorial – par W. Delvingt
Page 2 – La réserve scientifique de Furfooz : une gestion à mettre en évidence – J. Duvigneaud et J. Saintenoy-Simon
Page 5 – Mesures à prendre dans les réserves naturelles forestières – J. Saintenoy-Simon
Page 13 – Les plans communaux de développement de la nature – D. Alexandre
Page 16 – Natura 2000 et gestion forestière : l’exemple des sites expérimentaux de la région Rhônes-Alpes en France – S. Delavallade
Page 20 – Le réseau écologique paneuropéen – J. Svein
Page 21 – Hommes et ongulés en forêt ardennaise – R. Ficliant
Page 27 – Le premier parc national urbain du monde – C. Vermeulen – Djugarden (Stockholm)
Page 28 – Le baron de la Gotalle – W. Lassance
Page 33 – Nature/Internet – Mode d’emploi – C. Bauffe
Page 36 – Le parc national des Virunga dans la tourmente – W. Delvingt
À découvrir dans ce numéro
L’Atelier de la Forêt et des Clairières
En Wallonie, la nature se pense à deux voix : celle du plateau de Furfooz, où les pelouses ressuscitent sous la main des gestionnaires, dévoilant des tapis calcaires et des prairies siliceuses insoupçonnées ; celle des réserves forestières, où chaque lisière, chaque ornière, chaque arbre couché abrite un monde fragile à protéger. Ici, on recule l’ombre pour faire revivre la lumière ; là, on accompagne la forêt sans la brusquer, en préservant les sols, les essences rares et les équilibres séculaires. Deux écrins, une même philosophie : cultiver l’attention, laisser le temps au vivant de tisser sa toile, et rappeler que la forêt n’est pas un champ de bois, mais une cathédrale de biodiversité.
La Trame des Possibles
Les réserves naturelles, îlots protégés, mais isolés, ne suffisent plus à endiguer l’effondrement du vivant. Alors, dans les communes wallonnes, une idée nouvelle germe : tisser un réseau, relier les espaces, faire de chaque jardin, chaque talus, chaque bord de route un maillon d’une chaîne de vie. Les Plans Communaux de Développement de la Nature rassemblent citoyens, chasseurs, agriculteurs, élus et naturalistes autour d’une même carte, celle d’un territoire à réenchanter. L’aventure est fragile, semée d’obstacles, de malentendus et d’abandons. Mais partout où elle s’engage, la nature revient au cœur des débats, et l’espoir d’une cohabitation durable entre l’homme et le sauvage se tisse, pas à pas, commune après commune.
La Forêt en Partage
En Rhône-Alpes, Natura 2000 tisse une nouvelle alliance entre la forêt et ses milieux associés. Sur les sites expérimentaux, les grands massifs forestiers, déjà bien gérés, n’appellent que des ajustements. En revanche, les écrins fragiles que sont tourbières, landes et prairies exigent des soins coûteux pour résister à l’embroussaillement. Une gestion sur mesure, où chaque habitat trouve sa place et son financement, pour que la biodiversité et l’économie forestière avancent d’un même pas.
L’Europe en Trame
À travers 51 pays, une idée audacieuse tisse sa toile : relier les espaces naturels d’Europe en un vaste réseau vivant. Le Réseau Écologique Pan-européen entend offrir aux espèces des corridors pour voyager, des zones noyaux pour se réfugier, des tampons pour s’adapter aux activités humaines. Des réserves aux couloirs, en passant par les zones de restauration, c’est tout un continent qui réapprend à respirer ensemble, pour que la nature fragmentée retrouve ses chemins.
L’Équilibre des Sabots
En Ardenne, cerfs, chevreuils et sangliers prospèrent dans des forêts que l’homme modèle sans cesse. Mais cette abondance a un prix : sans prédateur naturel, le chasseur devient le seul régulateur. Entre la quiétude nécessaire aux animaux et la pression du tourisme, entre la tentation des trophées et l’impératif de limiter les dégâts forestiers, la gestion des ongulés est un art délicat. La clé ? Prélever davantage de femelles, accepter de partager la forêt en silence et comprendre que l’équilibre faune-flore ne se décrète pas, il se négocie au fil des saisons.
La Forêt au Cœur de la Ville
À Stockholm, la nature ne recule pas devant les gratte-ciels. En 1995, sur les rives du lac Brunnsviken, à dix minutes du centre-ville, naissait le premier parc national urbain du monde. Ici, les joggers croisent les cavaliers, les bateaux glissent sur l’eau, les musées côtoient les marécages et les chênaies royales abritent une biodiversité insoupçonnée. Mais ce joyau d’équilibre, où chacun veille à ne pas déranger l’autre, n’est pas à l’abri des menaces : spéculation immobilière, indifférence des acteurs locaux. Le parc national urbain est une promesse fragile : celle de faire cohabiter l’homme et le sauvage, sans que l’un n’efface l’autre.
Le Braconnier Devint Baron
Au cœur de l’Ardenne du XIXe siècle, André-Joseph Lassance, braconnier au grand cœur, survit avec sa famille dans une humble maison au-dessus du Vieux moulin de la Gotalle. Un jour, sa rencontre avec le puissant Félix-Orban, industriel et homme politique, bouleverse son destin. Protégé par ce bienfaiteur, l’ancien hors-la-loi quitte les bois pour les chemins de fer et la ville, laissant derrière lui le surnom de « baron de la Gotalle ». Un titre ironique et tendre, témoin d’une époque où les destins basculaient au gré des rencontres.
Le Crépuscule des Gardiens
Au cœur de l’Afrique des Grands Lacs, le plus ancien parc national du continent agonise. Le Parc des Virunga, joyau de biodiversité aux volcans et aux savanes, est devenu un champ de bataille. Réfugiés, milices armées, militaires braconniers : les gardes paient de leur sang leur fidélité à la nature, tandis que les forêts disparaissent, que les hippopotames et les buffles tombent sous les balles, que les gorilles survivent dans une paix fragile. Les postes sont en ruine, les patrouilles réduites, les champs grignotent les limites du sanctuaire. Une question déchirante traverse ces terres ravagées : la guerre aura-t-elle raison du plus beau des parcs ?