Parcs & Réserves – Volume 56 – Fascicule 1 – 2001

Forest Stewardship Council (FSC), Certification PEFC, guerre et sites protégés au Congo, forêts alluviales en Allemagne, lisières forestières, orchidées du Gabon

Sommaire

Page 1 – Éditorial – par W. Delvingt
Page 2 – Le Forest Stewardship Council (FSC) ou comment promouvoir la gestion responsable des forêts – par M. Federspiel
Page 9 – Sylviculture et certification PEFC (Pan European Forest Certification) – par J.C. de Viron
Page 13 – La certification forestière et le mouvement environnemental wallon : de la passion à la raison ? – par H. Bedoret
Page 15 – La guerre au Congo menace cinq sites du Patrimoine Mondial : l’UNESCO et les ONG réagissent – par J.-P. d’Huart
Page 17 – Benjamin Stassen : photographe des arbres
Page 23 – Un exemple de gestion originale de la nature : la restauration de forêts alluviales sur l’Elbe – par H. Claessens
Page 26 – Quelle biodiversité pour nos lisières forestières ? – par E. Branquart, J.– L. Doucet, D. Liesse, E. Skelton, P. Jeanmart et W. Delvingt
Page 33 – Quelques orchidées remarquables du Rio Muni – par T. Stevart et J. Lejoly

 

À découvrir dans ce numéro

Certification

La volonté de protéger les forêts tropicales a commencé à s’inviter dans le débat public au début des années 80. Les initiatives internationales manquant de résultats, les ONG ont préconisé, dans un premier temps, le boycott des bois tropicaux. Mais ce boycott est apparu contreproductif : les forêts tropicales, désormais sans valeur, étaient transformées en terres agricoles, et les pays occidentaux adoptaient des contreparties bien moins écologiques que le bois tropical. Au début des années 90, des entreprises, des particuliers et des organisations environnementales se sont regroupés pour créer une certification forestière acceptable par tous et reconnue internationalement : la certification FSC (Forest Stewardship Council) était née.

La 1re mission du FSC fut de définir les 10 Principes et Critères généraux (P&C) d’une gestion forestière responsable. Ces critères sont applicables à tous types de forêts (non seulement tropicales, mais aussi boréales ou tempérées). Contrairement à des rumeurs persistantes, cette certification ne favorise pas uniquement les grands propriétaires. Les petits propriétaires peuvent s’associer pour faire une demande groupée et, de la sorte, en réduire les coûts.
L’industrie est également partie prenante dans ce processus, sous l’appellation Réseaux Forêt et Commerce. Ainsi, par exemple, la firme IKEA imprime son catalogue sur du papier FSC.
En 2001, 20 millions d’hectares de forêt étaient certifiés FSC, réparties sur 35 pays.

Parallèlement à ça, en Europe, a été créée la certification PEFC (Pan European Forest Certification). Celle-ci s’effectue selon 5 étapes : l’état des lieux des pratiques sylvicoles, une évaluation des aspects environnementaux significatifs de l’activité, une sélection des aspects à améliorer, une mise en œuvre des objectifs à atteindre ainsi qu’un contrôle interne, et enfin, un audit externe pour contrôler les résultats. Le PEFC Council a été créé à Paris en 1999 pour établir un cadre international à cette certification. En Belgique, la certification PEFC a été confiée à une ASBL, WoodNet. Mais pour une adéquation à la réalité belge, cette certification a été placée chez nous, sous la houlette de la Région wallonne, responsable de la législation forestière.

Comme on le voit, ces 2 certifications semblent se concurrencer. Au niveau wallon, la majorité des associations de protection de l’environnement a refusé de soutenir la démarche PEFC, estimant que l’absence d’audit de départ, de plan de gestion, de délais de mise en œuvre et de contrôle régulier de l’état de progrès sont autant d’obstacles qui décrédibilisent cette certification. Malgré sa perfectibilité, la certification FSC semble, pour ces associations, la meilleure option possible. Mais des obstacles restent encore…

Les lisières

Les lisières sont la transition entre la forêt et les milieux ouverts. Une lisière bien structurée présente une succession de différentes ceintures de végétation entre la prairie et la forêt : une zone herbacée, une zone buissonnante et enfin une zone arborée précédant la forêt proprement dite. Une étude a été menée à Marche-en-Famenne entre 1996 et 1998 sur différents « faciès » de lisières, sachant qu’une lisière bien structurée était notée « faciès 5 », et, a contrario, une forêt sans ceintures de transition était de « faciès 1 ». La biodiversité présente sur ces différents faciès a été évaluée sur base de trois groupes indicateurs : les plantes supérieures, les papillons de jour et les oiseaux nicheurs. Au terme de cette enquête, il est apparu que le faciès 5 présente le plus de biodiversité. Mais ce type de faciès idéal est peu représenté (12 % des lisières) dans la zone de Marche-en-Famenne. Cependant, il existe des solutions de restauration comme le montrent les expériences réalisées en Suisse, en Allemagne et en Autriche. Des moyens financiers (mesures agro-environnementales, et primes pour les exploitants forestiers) devraient être débloqués, pour restaurer ces lisières structurées, et en constater les effets bénéfiques.

Le Congo

Au Congo, 5 sites naturels protégés bénéficient du statut de « Sites du Patrimoine Mondial ». Malheureusement, la situation politique et sociale du pays et de ses voisins, menace ces sites. Destructions, vols, pâturages illégaux, exploitation sauvage de minerais, braconnage sont autant d’épées de Damoclès sur ces joyaux naturels. Une première étape pour le sauvetage de ces lieux a été leur inscription sur la liste des sites du Patrimoine Mondial en Péril. Cette phase permet un financement des Nations Unies, qui a pour objectif de payer le salaire des gardes, de renouveler leur équipement et d’organiser des formations. Les premiers résultats de cette initiative sont encourageants.
De plus, contact a été pris avec le chef des Casques Bleus de la Mission d’Observation des Nations Unies au Congo (MONUC) pour une aide effective en termes de transport de personnes et de matériel, de sensibilisation de la population…
Toutes ces actions sont suivies de près par l’UNESCO, qui espère pouvoir en faire un exemple pour d’autres sites menacés.

L’œil ébloui

Né en 1959 en Afrique, Benjamin Stassen découvre la photo à l’âge de 14 ans. Cette passion va s’exercer dans le massif de Saint-Hubert, où se sont installés ses parents. En 1989, il crée l’ASBL Le Marronnier et, en 1994, la Région wallonne lui confie la réalisation d’un album de + de 450 pages et 200 photos couleurs, intitulé « Géants au pied d’argile » dédié à 150 arbres exceptionnels de Wallonie. En 1996, l’un de ces arbres exceptionnels, l’une des plus anciennes aubépines du pays, est abattu. L’ASBL Le Marronnier se constitue partie civile. Les prévenus seront condamnés en 1998.
Il publiera également « La forêt des ombres », dans lequel il présente des photographies d’arbres au plus près : écorces, feuilles et végétaux qui révèlent des formes et des silhouettes étonnantes.