Sommaire
- Page 1 – Éditorial
- Page 2 – À vous en donner des nuits blanches … L’actualisation de la liste des chiroptères de la faune belge – T. KERVYN
- Page 5 – Nos chauves-souris forestières et leur conservation – L. DELAHAYE
- Page 10 – Problématique de la protection durable chez le petit rhinolophe (Rhinolophus hipposideros) – G. MOTTE
- Page 13 – Le grand rhinolophe : analyse du régime alimentaire et implications pour sa conservation en Région wallonne – L. DELAHAYE & T. KERVYN
- Page 19 – Les oreillards : Plecotus auritus et Plecotus austriacus – G. MOTTE
- Page 23 – Le grand murin (Myotis myotis) : une chauve-souris peu banale à plusieurs égards – T. KERVYN
- Page 24 – Chauves-souris et Natura 2000 en Région wallonne – J.L. GATHOYE & P. DE WOLF
- Page 27 – Chauves-souris et Natura 2000 en Région Bruxelles-Capitale – B. VAN DER WIJDEN, C. BOOMARS, G. DE SCHUTTER & M. GRYSEELS
- Page 30 – Le point sur la rage des chauves-souris – T. KERVYN, B. BROCHIER, S. ESCUTENAIRE, F. COSTY & P.-P. PASTORET
- Page 30 – Quelques références pour en savoir plus sur nos chauves-souris – T. KERVYN
- Page 32 – Des chauves-souris à Plecotus – F. FORGET
- Page 33 – L’exploitation illégale des ressources naturelles dans l’est de la République Démocratique du Congo l’exemple du DARA – Forest – W. DELVINGT
À découvrir dans ce numéro
Dossier chauves-souris
Le nombre d’espèces de chiroptères observées en Belgique n’a cessé d’augmenter depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce phénomène est dû à plusieurs facteurs. Certaines espèces très discrètes, comme le vespertilion de Bechstein, n’ont été découvertes que tardivement, probablement par manque de prospection. Le vespertilion de Brandt, lui, a longtemps été considéré comme une sous-espèce du vespertilion à moustaches. Il n’a été reconnu comme espèce à part entière qu’en 1970. De même, la pipistrelle pygmée n’a été différenciée de la pipistrelle commune que dans les années 90. Enfin, des chauves-souris présentes dans les pays voisins ont pu être déterminées sur notre territoire, telles la sérotine commune et la sérotine bicolore. Mais cette augmentation du nombre d’espèces ne doit pas masquer une réelle diminution des effectifs de chauves-souris.
On compte, en Belgique, 8 espèces de chauves-souris forestières. Mais cet ensemble est loin d’être homogène. Certaines espèces chassent près du sol, comme le grand murin. D’autres volent haut dans la canopée, comme le vespertilion de Bechstein. Pour certaines espèces, la forêt est surtout un lieu de gîte, chassant de préférence en milieu ouvert, comme les noctules. La connaissance approfondie du comportement des chauves-souris forestières est essentielle pour une gestion des forêts favorable à leur protection.
Pour le petit rhinolophe, les causes de son déclin sont multiples : la disparition de ses gîtes estivaux par l’isolation des greniers et le traitement chimique des charpentes ; le dérangement de ses gîtes hivernaux (par la spéléologie par exemple) ; la disparition des haies qui constituent ses routes de vol ; et enfin, l’utilisation accrue des pesticides.
Le grand rhinolophe, lui, souffre de la disparition de ses proies préférées, comme l’Aphodius rufipes (coléoptère coprophage) par l’utilisation d’antiparasitaires pour le bétail.
L’oreillard roux, quoique moins menacé que les rhinolophes, voit également ses effectifs diminuer et ce, pour les mêmes raisons. Les effectifs de l’oreillard gris, distingué du roux seulement depuis le début des années 60, sont encore très mal connus, en raison des confusions possibles avec l’oreillard roux.
Pour contrer la diminution des effectifs des chauves-souris, la Wallonie s’est dotée de quelques arrêtés spécifiques, qui ont permis par exemple la protection et l’aménagement d’environ 30 cavités souterraines (dans un premier temps), ainsi que la transformation de certains combles et de clochers.
Le Réseau Natura 2000 n’a pas oublié les chauves-souris, puisque 7 espèces ont été reprises dans les annexes de la directive « Habitats » qui organise ce Réseau. 49 sites ont ainsi été sélectionnés dans le cadre de cette directive, et 9 devraient intégrer bientôt cette liste.
Enfin, dans le cadre du projet LIFE, un programme transfrontalier de protection des gîtes d’hibernation et d’estivage de chauves-souris a pu bénéficier de cette aide européenne, dont 14 sites wallons.