Parcs & Réserves – Volume 56 – Fascicule 4 – 2001

Flore de Champallle, Poilvache et Crèvecœur, la forêt de Bialowieza, gestion de la pêche à la truite, Jean-Claude Servais, avifaune dans les plantations d’épicéas, le Musée d’histoire naturelle de Mons, éléphants au Ranch de Nazinga, héliciculture et myciculture au Bénin.

Sommaire

Page 1 – Éditorial – par W. Delvingt
Page 2 – Champalle, Poilvache et Crèvecoeur – par Jacqueline Saintenoy-Simon et Jacques Duvigneaud
Page 13 – La forêt de Bialowieza (deuxième partie) – par L.-M. Delescaille et P. Ghiette
Page 19 – La gestion salmonicole des parcours de pêche : une approche nouvelle – par D. Liesse et B. Laffineur
Page 23 – Jean-Claude Servais : dessinateur et poète de la Gaume
Page 30 – Évolution des populations de certaines espèces d’oiseaux suite à l’extension des plantations d’épicéas en Wallonie – par Xavier Vandevyvre
Page 34 – Le Musée d’Histoire Naturelle de Mons – par Bertrand Pasture et Arlette Dendal
Page 39 – Les dégâts d’éléphants dans les villages riverains du Ranch de Nazinga – par Moumouni Ouédraogo, Cédric Vermeulen et Bruno Portier
Page 46 – Des escargots et des champignons à la rescousse du développement durable – par Roland Libois et Jean-Claude Codjia

À découvrir dans ce numéro

Champalle, Poilvache et Crèvecœur

Ces trois sites ont fait l’objet, le 12 mai 2001, d’une excursion botanique. Les deux premiers, réunis sous l’appellation de Réserve naturelle domaniale de Champalle et Poilvache, présentent des formations végétales remarquables composées de pelouses de falaises et de pelouses sèches, où on retrouve, entre autres, les très rares Draba aizoides et Medicago minima.

Des travaux de gestion, effectués par la Division de la Nature et des Forêts, ont permis de contrôler la progression du buis et du troène qui menaçaient les pelouses. À l’intérieur des ruines du château-fort de Poilvache, certains sites ont été malheureusement dégagés pour faire place à un gazon à base de ray-grass, tout à fait banal. Mais certaines plantes intéressantes peuvent se dénicher sur les ruines mêmes, tel le Cotoneaster integerrimus et l’Asplenium scolopendrium.

L’accès aux ruines du château de Crèvecœur se fait par un sentier très abrupt qui recèle une flore intéressante comme Arenaria serpyllifolia, Saxifraga tridactylites ainsi que Geranium lucidum. Mais elle est menacée par des parcours « sauvages », tracés par des promeneurs peu scrupuleux. Une gestion bien pensée devrait pouvoir stopper ce phénomène (barrières en bois, par exemple).

Gestion salmonicole

La Fédération Sportive des Pêcheurs Francophones de Belgique (F.S.P.F.B.) a pris conscience de certaines aberrations du système de gestion de la pêche traditionnelle, qui se base sur le nombre d’adhérents (et leurs cotisations) pour acheter telle quantité de poissons qui seront déversés dans la rivière (la gestion dite « bassine »).

À la demande de la F.S.P.F.B., l’unité de Sylviculture de la Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux a développé une démarche qui s’articule autour de 3 questions : quelles sont les espèces présentes naturellement dans la rivière ? Quelle est la productivité naturelle et la capacité d’accueil du parcours ? Quel est le plan de gestion idéal pour une exploitation durable du parcours ?

Pour répondre à ces questions, les scientifiques ont réalisé une série d’analyses (inventaires piscicoles, qualité de l’eau, prélèvements…). En parallèle à ces analyses, un questionnaire a été diffusé auprès des pêcheurs. Il est apparu assez rapidement qu’un déséquilibre flagrant existe entre les capacités naturelles du parcours et les déversements effectués. Les scientifiques ont également remarqué que la plupart des truites déversées sont capturées dans les 3 semaines suivant le déversement, et que les poissons ne se sont guère déplacés en amont et en aval du lieu de déversement.

Les solutions préconisées ont été les suivantes : Premièrement, la valorisation du milieu naturel par le maintien et le développement de la végétation rivulaire. Deuxièmement, le contrôle des prélèvements (quotas journaliers et annuels, secteurs déclarés « no kill »…), troisièmement, la gestion des populations exploitées, par la réduction progressive des déversements, compensés par la mise en place de boîtes Vibert (boîte contenant un millier d’œufs embryonnés). Et enfin, une information correcte des pêcheurs pour un véritable changement des mentalités.

Le Musée d’histoire naturelle de Mons

Initié dès 1826 par le Gouverneur de la province, mais interrompu par la Révolution de 1830, le Musée vit sa véritable création fin décembre 1839 par décision du Conseil communal de Mons. En 1849, les locaux étant devenus trop étroits, le Musée s’installa dans l’Arsenal (dans la cour de l’Hôtel de Ville). Un nouveau déménagement fut nécessaire en 1880, dans ce qui est actuellement la Faculté polytechnique de Mons. Après la deuxième guerre mondiale, en 1951, la Province proposa à la ville de lui fournir la jouissance de bâtiments situés à la rue des Gailliers. Le Musée devint propriété de l’État en 1968, puis transféré à la Région Wallonne en 1996.

Outre les collections d’animaux de toutes espèces (4000 oiseaux et 635 mammifères), le Musée détient le squelette authentique du géant Constantin, d’une taille exceptionnelle de 2m 56.