Sommaire
Page 1 – Éditorial
Page 2 – Métiers d’autrefois : les charbonniers de la vallée de la Semois – par A. Burtonboy et J.-M. Lamotte
Page 6 – Les mesures agri-environnementales : réflexions après trois années de terrain – par Lionel Delvaux, Quentin Smits et Didier Vieuxtemps
Page 15 – L’homme, le riz et la nature : un « ménage à trois » possible dans le Delta de l’Ebre ? – par J.-Y. Paquet
Page 20 – Vers un réseau de gîtes protégés pour les chiroptères en Wallonie – par S. Lamotte et J. Fairon
Page 30 – Recul des plantes commensales des cultures – par Jacqueline Santenoy-Simon et Jacques Duvigneaud
Page 37 – ULM, GPS & cartographie écologique du Parc National de Zakouma au Tchad – par Philippe Dejace
Page 21 – Le ranching de gibier : un concept de gestion durable en Afrique de l’ouest ?
À découvrir dans ce numéro
Mesures agri-environnementales
C’est en mars 1999 que les premières mesures agri-environnementales (MAE) ont été prises en Wallonie. Ces MAE, identiques pour toute la Wallonie, ne tiennent pas toujours compte des conditions particulières de certaines régions (types de sols, climat…).
La couverture de sols, le désherbage mécanique et le sous-semis, s’ils procèdent d’une « bonne pratique agricole », n’apportent guère de plus-value en termes de biodiversité. Par contre, les tournières enherbées (bandes de terre semées avec un mélange prairial diversifié et fauchées entre le premier et le 15 juillet) peuvent participer à l’endiguement des pesticides, à la réduction de l’érosion, ainsi qu’à la création d’un maillage écologique. Cette MAE a beaucoup de succès, en raison des montants importants accordés.
La création de mares, par contre, ne donne droit qu’à une prime de 25 €, montant largement insuffisant (frais de pose d’une clôture, par exemple). La prime pour le maintien des haies et bandes boisées a des résultats bien perceptibles en Famenne, où les destructions aveugles ont fortement baissé. D’autres MAE existent encore, telles les fauches tardives, les bandes de prairies extensives et le maintien d’une faible charge en bétail. Cette dernière, par exemple, accorde des primes aux exploitations qui détiennent moins de 1,4 UGB (unité gros bétail) par hectare de superficie fourragère.
Ces MAE pourraient également être d’application dans certaines réserves naturelles ou dans des sites Natura 2000 qui nécessitent une gestion particulière. Mais cela implique évidemment un dialogue nécessaire avec le monde agricole.
Réseau de gîtes protégés pour les chauves-souris en Wallonie
La Wallonie compte environ 20 espèces de chauve-souris. Leur population a fortement décliné ces dernières années. Pour mieux les protéger, il est important de connaître leur cycle de vie. Celui-ci s’articule autour de 3 besoins essentiels : se nourrir (terrains de chasse), se reproduire (gîtes de reproduction) et hiberner (gîtes d’hivernage).
Le nombre de gîtes d’hivernage tend à chuter inexorablement. Pour contrer cette tendance, un réseau, basé sur un quadrillage composé de carrés de 20 km de côté, a été créé dans lequel chaque maille comporterait au minimum une cavité principale protégée, ainsi que d’autres cavités secondaires. Début 2002, il y avait 26 Réserves Naturelles Domaniales (RND) souterraines, et 52 autres sites bénéficiant du statut officiel de Cavité Souterraine d’Intérêt Scientifique (CSIS).
Les gîtes de reproduction sont souvent des sites anthropiques (combles, sous-toitures, granges…). Dans cette optique, l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique a créé l’ « Opération Combles et clochers ». En 2002, 93 communes wallonnes avaient accepté de participer à cette opération, représentant environ 800 gîtes potentiels.
Enfin, pour que les chauves-souris accèdent aisément à leurs terrains de chasse à partir de leur lieu de reproduction, il est essentiel d’avoir un réseau de haies, lisières, vergers (maillage écologique) dans lequel celles-ci peuvent se déplacer.