Sommaire
Page 3 – Éditorial – par Cédric Vermeulen
Page 4 – Les Zones Cynégétiques Villageoises du Nord de la République Centrafricaine : 15 ans déjà ! – par Philippe Bouché, André X. Bache, Moussa Yakata, Antoine Chenda, Roland Nzapa Beti Mangue, Florent Zowoya
Page 12 – Entre conflit, compétition, et braconnage : la problématique de la conservation de l’hippopotame en forêt dense humide – par Adrien Michez et Cédric Vermeulen
Page 20 – Décentraliser ou contrôler ? L’évolution récente des Zones Villageoises d’Intérêt Cynégétique du Burkina Faso – par Vermeulen Cédric
Page 23 – La réserve faunique de Bandia (Sénégal) : modèle ou contre-modèle pour l’Afrique de l’Ouest ? – par Cédric Vermeulen
À découvrir dans ce numéro
Une oasis de résilience : 15 ans de gestion communautaire au cœur des conflits
Malgré l’insécurité et les conflits, les Zones Cynégétiques Villageoises (ZCV) du nord de la RCA ont tenu 15 ans. Ce système, qui associe les communautés à la gestion et aux revenus de la chasse durable, a financé écoles, dispensaires et emplois locaux. Sa force : une gouvernance tripartite et un staff technique villageois professionnalisé. Son talon d’Achille : l’insécurité persistante et l’absence d’un cadre légal définitif. L’avenir de cette oasis de résilience dépend désormais de la stabilisation du pays et de l’inscription de ce modèle dans la loi.
Le géant amphibie en péril
L’hippopotame, clé des écosystèmes aquatiques, est étranglé par la compétition pour l’eau et les pâturages, et par un braconnage intense pour sa viande et son ivoire. En forêt dense, ses populations, déjà fragmentées, sont au bord de l’isolement. Sa survie exige une conservation ciblée : protéger les noyaux vitaux, recréer des corridors, et surtout, associer les communautés locales par le partage des bénéfices de l’écotourisme. Le destin de ce colosse repose sur une cohabitation négociée.
Une loi villageoise confisquée par l’État
Les ZOVIC, conçues pour donner aux villages burkinabés l’autonomie et les revenus de la chasse touristique, ont été vidées de leur sens par un décret de 2008. Le pouvoir a été transféré aux communes, la grande faune interdite, et les communautés exclues des décisions et des finances. Sous prétexte de décentralisation, l’État a en réalité renforcé son contrôle, sapant un modèle prometteur de gestion locale et durable.
Réserve de Bandia : succès écologique ou zoo privatisé ?
Cette réserve sénégalaise clôturée a régénéré la flore et attire les touristes avec sa faune (locale et exotique). C’est une source d’emplois. Mais c’est aussi un zoo privatisé qui brouille l’authenticité écologique et prive les communautés de leur terroir sans juste contrepartie. Un modèle ambigu, entre restauration écologique et logique commerciale déconnectée des enjeux locaux et patrimoniaux.