Parcs & Réserves – Volume 66 – Fascicule 2 – 2011

Le rotin au Laos - REDD + RDC - Restauration des pelouses calcaires

Sommaire

Page 3 – Éditorial – par W. Delvingt
Page 4 – Évaluation du succès reproducteur de l’hélianthème jaune et de la petite pimprenelle comme indicateurs de la restauration de pelouses calcicoles. – par M. Harze, J. Piqueray, G. Mahy, J.-P. Bizoux
Page 12 – Appuyer une filière rotin certifiée au Laos, pour une gestion durable des forêts villageoises. – par T. Ledecq
Page 23 – REDD+ en République Démocratique du Congo. – par F. Hellin
Page 27 – Charles Verstraeten nous a quittés

À découvrir dans ce numéro

Les pelouses calcicoles peuvent renaître

Face à une fragmentation brutale (perte de 90% des surfaces), la restauration de ces joyaux de biodiversité en Belgique porte ses fruits. L’étude de deux plantes révèle que les espèces recolonisent activement les zones restaurées, avec un succès reproducteur parfois même supérieur à celui des pelouses anciennes. Cette renaissance démontre que la création d’un réseau écologique et une gestion adaptée (pâturage, ouverture du milieu) peuvent inverser le déclin. Un espoir concret pour sauver ces habitats uniques.

La première certification FSC pour le rotin : un modèle qui émerge au Laos

Face au déclin des forêts et à la surexploitation anarchique du rotin, un projet pilote au Laos démontre qu’une filière durable et certifiée est possible. En formant des groupements villageois et en établissant des plans de gestion participatifs basés sur des inventaires, le projet a permis aux communautés de valoriser leur ressource, de mieux la vendre et d’envisager la première certification FSC mondiale pour le rotin. Cette approche intégrée, qui lie conservation des forêts, revenus locaux et exigences du marché, prouve qu’il est possible de concilier exploitation économique et préservation des écosystèmes. Elle offre un modèle reproductible pour d’autres PFNL (Produits Forestiers non ligneux) dans la région.

REDD+ en RDC : un mécanisme prometteur mais mal calibré

Le mécanisme REDD+ (Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts) vise à rémunérer les pays tropicaux pour préserver leurs forêts. En RDC, qui abrite 60% des forêts du Bassin du Congo, il représente un espoir climatique et financier. Mais sur le terrain, dans la Réserve de Luki, une réalité s’impose : les communautés tirent 75% de leurs revenus de l’agriculture et de la forêt. Les projets de compensation, comme déplacer les paysans, sont socialement injustes et économiquement irréalistes. Pour que REDD+ ne reste pas une coquille vide, il doit dépasser sa logique purement carbone et devenir un levier de développement rural, transformant les pratiques agricoles et garantissant des revenus durables. Sinon, ce sont les populations qui paieront le prix d’une conservation mal conçue.

Hommage à Charles Verstraeten : un discret géant de la conservation

Entomologiste réputé, ingénieur des Eaux et Forêts et Secrétaire général d’Ardenne & Gaume pendant 15 ans, Charles Verstraeten a dédié sa vie à l’étude et à la protection de la nature, notamment par la gestion de réserves comme Furfooz. Homme modeste mais d’une efficacité remarquable, son héritage perdure : la réserve du Tienne Delvaux porte désormais son nom. Un gardien passionné nous a quittés, laissant une empreinte durable sur les paysages et les esprits.