Sommaire
Page 3 – Éditorial – par B. Michel et W. Delvingt
Page 4 – Les aires protégées en République Démocratique du Congo : menaces et défis. L’action de l’Union européenne – par François Misser
Page 12 – Les parcs et réserves du Congo, joyaux menacés
Page 22 – L’avenir des forêts et de leurs habitants se joue en ville
Page 33 – La réponse de l’Union européenne et de ses partenaires
Page 49 – L’État congolais doit prendre les choses en main
Page 50 – École régionale post-universitaire d’aménagement et de gestion integrés des forêts et territoires tropicaux – eraift – par B. MICHEL (Directeur ERAIFT)
À découvrir dans ce numéro
Les parcs congolais : au cœur des ténèbres, un trésor à sauver
Les parcs nationaux de la RDC (Virunga, Salonga, Garamba, Upemba, Kahuzi-Biega) abritent le second massif forestier tropical du monde et une biodiversité exceptionnelle : gorilles de montagne, okapis, bonobos, éléphants de forêt. Mais ce patrimoine est gravement menacé.
Un combat pour la survie des parcs congolais
Gorilles de montagne, okapis, éléphants de forêt, bonobos : les parcs nationaux de la RDC (Virunga, Salonga, Garamba, Upemba, Kahuzi-Biega) abritent un patrimoine naturel d’importance mondiale. Mais ce trésor est en péril. Groupes armés (LRA, FDLR, Maï-Maï), braconnage organisé, trafic d’ivoire et de minerais, exploitation illégale du charbon de bois (makala) : les menaces s’accumulent.
L’urbanisation congolaise dévore la nature
L’explosion démographique urbaine en RDC exerce une pression dévastatrice sur les forêts et les aires protégées. Pourtant, des solutions existent : alternatives énergétiques, gouvernance foncière, implication des communautés. Mais sans volonté politique et sans État fort, la forêt continue de se vider.
L’Europe au chevet des forêts congolaises
Face aux menaces qui pèsent sur les parcs nationaux de la RDC (Virunga, Garamba, Salonga, Upemba), l’Union européenne déploie une stratégie globale sans précédent : 66 millions d’euros entre 2009 et 2017. Réhabilitation des infrastructures, formation des écogardes, lutte anti-braconnage, appui aux populations riveraines, relance touristique, études environnementales stratégiques… Les résultats sont tangibles : les gorilles de montagne des Virunga sont à nouveau suivis, la faune de la Garamba se stabilise, 65% de la Salonga sont sécurisés. Parallèlement, l’UE soutient la formation de cadres forestiers (ERAIFT, Université de Kisangani), promeut des alternatives énergétiques durables (projets Makala, EcoMakala, centrale hydroélectrique des Virunga) et renforce la gouvernance pour lutter contre l’exploitation illégale du bois. Une réponse ambitieuse, vitale pour la biodiversité congolaise et mondiale.
L’État congolais, premier gardien de ses forêts : l’urgence d’une vision globale
L’Union européenne soutient la conservation des parcs congolais, mais la responsabilité première incombe à l’État congolais. Pour sauver ses forêts, la RDC doit harmoniser ses politiques (énergétique, agricole, foncière) et surtout mettre fin aux contradictions : comment protéger des sites classés à l’UNESCO tout en y octroyant des concessions pétrolières et minières ? L’arbitrage politique est urgent.
ERAIFT, la fabrique africaine des gardiens de la forêt
Créée en 1999 à Kinshasa, l’ERAIFT forme l’élite africaine de la gestion durable des forêts et territoires tropicaux. Avec le soutien de l’UNESCO, de l’UE et de nombreux partenaires, cette école post-universitaire à vocation régionale a déjà formé 113 cadres de haut niveau (Masters et PhD) issus de 23 pays d’Afrique centrale, de l’Ouest et de l’océan Indien. Son originalité : une approche systémique, intersectorielle et participative, indispensable pour relever les défis du Bassin du Congo, second poumon écologique de la planète. Face à la faiblesse des politiques sectorielles et aux problèmes de gouvernance, l’ERAIFT incarne l’espoir d’une génération de décideurs capables de concilier conservation et développement.