Parcs & Réserves – Volume 70 – Fascicule 4 – 2015

Il suffit d'ouvrir les yeux, de prendre son temps, et de croire qu'à deux pas du chemin, l'inattendu nous attend encore.

Sommaire

Page 3 – Édito : Les insectes, ces incompris – par W. Delvingt
Page 4 – Gestion forestière et biodiversité entomologique – par J.-L. Renneson et W. Delvingt
Page 15 – Un autre regard sur les guêpes et les frelons… – par J.-L. Renneson
Page 23 – La réserve naturelle de Dourbes n’a pas encore livré tous ses secrets… – par B. Clesse

À découvrir dans ce numéro

Insectes forestiers : l’angle mort des politiques

Fourmis rousses, pique-prune, grand capricorne, verdet… ces insectes forestiers aux vies mystérieuses (arbres creux, dômes de fourmis, vieux chênes) sont légalement protégés. Pourtant, leurs habitats continuent d’être détruits, faute de moyens, d’études et de volonté politique. À Fontainebleau, une coupe à blanc a anéanti une population de pique-prune en toute connaissance de cause. Le Code forestier et Natura 2000 existent, mais sans contrôle ni dérogations réellement opposées aux exploitants, la protection n’est qu’un vœu pieux. 

Guêpes et frelons : les mal-aimés utiles

Craintes, détestées, détruites massivement (3280 guêpiers brûlés en un mois dans une seule province belge)… les guêpes et frelons sont pourtant d’excellents régulateurs d’insectes. Sur les 16 espèces sociales présentes en Belgique, seules deux (la guêpe commune et la guêpe germanique) causent des nuisances en fin d’été. Les autres, dont la « gentille » guêpe saxonne, sont détruites à tort. Le frelon européen, protégé chez nos voisins allemands, est ici considéré comme nuisible. Quant au frelon asiatique, sa médiatisation alarmiste dépasse souvent la réalité. Plutôt que la destruction chimique aveugle (toxique pour l’environnement et les abeilles), une cohabitation raisonnée est souvent possible.

Dourbes, le coffre aux merveilles insoupçonnées

Paradis des naturalistes depuis plus d’un siècle, la réserve naturelle de Dourbes (204 ha en Calestienne) n’a pas fini de surprendre. Ces dernières années, les découvertes s’enchaînent : un champignon inconnu en Wallonie (Echinoderma hystrix), un champion inédit pour la Belgique (Geopora nicaeensis, le « géopore de Nice »), une deuxième station nationale pour la petite truffe Hysterangium stoloniferum, une hépatique (Mannia fragrans) nouvelle pour le pays, et même une espèce de Sarcodon découverte sous chêne… Reliques méridionales, affinités subméditerranéennes, espèces rares venues d’ailleurs : ce coin de Calestienne recèle encore des trésors que les changements climatiques ou la patience des spécialistes font émerger.