Sommaire
Page 3 – Éditorial – par J.-L. Renneson
Page 4 – Les biotopes de la Réserve naturelle agréée de la Heid des Gattes, quelques-unes de leurs espèces remarquables et leur gestion. – par M. Bonnet et J.-M. Darcis
Page 22 – La garde-robe des punaises de la Heid des Gattes – par E. Steckx
Page 28 – Strongylophthalmyia ustulata (Zetterstedt, 1847), nouvelle espèce et nouvelle famille pour la Belgique – par E. Steckx
Page 32 – La vie de l’association
À découvrir dans ce numéro
La falaise garde ses secrets
À Aywaille, une soixantaine d’hectares de forêts murmurantes, de pelouses suspendues, d’eaux vives et de falaises tournées vers le sud. La Heid des Gattes cache sous ses frondaisons des orchidées discrètes, des mares où veillent les salamandres, des tunnels où les grands rhinolophes hibernent en songe, et des éboulis où le lézard des murailles se réchauffe. Chaque biotope y vit en équilibre fragile, entre fauche tardive, pâturage léger et respect du silence. À celui qui sait marcher sans bruit, ouvrir les yeux et s’émerveiller sans tout nommer, ce refuge dévoilera peu à peu ses trésors, sans jamais les livrer tout entiers.
La couleur des jours qui changent
À la Heid des Gattes, les punaises vertes ne le restent pas. Quand l’été bascule et que les jours raccourcissent, leur corps capte la lumière qui décroît. Une hormone se tait, et le vert tendre vire au brun rouge, au gris sombre – couleurs d’écorce et de feuilles mortes. Puis le printemps rallonge ses heures, la sécrétion reprend, et le jaune vif ou le vert éclatant reviennent. Ce n’est pas un simple déguisement : une horloge intérieure, réglée par le soleil, rythme leur survie et leur désir. Chaque punaise devient alors le témoin silencieux des saisons qui tournent.
L’étrangère venue du froid
Un jour de juin à la Heid des Gattes, une mouche inconnue en Belgique se posait sur une feuille de noisetier. Strongylophthalmyia ustulata, habituée des forêts humides du nord et des Carpates, avait choisi une pente sèche et bien exposée. Son secret ? Non pas l’ombre ou la fraîcheur, mais le bois mort : troncs tombés, chablis abandonnés, décomposition lente. Ce que cherche cette discrète voyageuse, c’est le temps qui passe dans le cambium des arbres. Sa présence fragile nous rappelle une évidence : pour que l’étrangère reste, il suffit parfois de ne rien faire.